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à la barre, Mohamed Abrini ne renie rien des attentats

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Quatre mois après l’ouverture du procès, c’est Mohamed Abrini, l’un des organisateurs des attentats du 13-Novembre, qui a ouvert mardi la première phase d’interrogatoires des accusés. Le Belge de 37 ans, qui encourt la perpétuité, a justifié avec force les attentats.  

On a pris l’habitude de le désigner comme « l’homme au chapeau ». On le présente aussi comme l’ami d’enfance de Salah Abdeslam. Moins médiatique que son complice de Molenbeek, Mohamed Abrini est pourtant loin d’être un second couteau. Il est accusé d’avoir fait partie de la cellule belge qui a organisé les attentats à Paris et Saint-Denis, le 13 novembre 2015, ainsi que ceux de Bruxelles, le 22 mars 2016. Il encourt la prison à perpétuité. Rien d’étonnant donc à ce qu’il soit le premier des 14 accusés à être entendu les 11 et 12 janvier pour livrer sa version des faits.

Durant la première partie de son interrogatoire, mardi 11 janvier, le Belge de 37 ans ne s’en est d’ailleurs pas privé. Prolixe, l’homme à la chemise à carreaux a d’abord donné l’occasion à la cour de constater qu’il n’avait rien renié de ses velléités jihadistes. « L’islam tel qu’il a été enseigné par le prophète n’est pas compatible avec la démocratie », a lâché l’accusé face à une salle d’audience visiblement indignée, à en juger les brouhahas de l’assistance. « Pour moi, la charia, c’est la loi divine. Elle est au-dessus de la loi des hommes. » D’ailleurs, s’il était libre, « il irait vivre dans un pays où la charia est appliquée. » Et de poursuivre, « pour vous, un homme qui a trois femmes c’est ‘chelou’, vous arrivez à faire des polémiques même pour le halal ». Pour autant, l’homme se défend d’être radicalisé. « Pour vous, c’est radical. Pour moi, c’est l’islam normal ».


De la petite délinquance au terrorisme

Début novembre, la cour avait déjà eu l’occasion d’évoquer son enfance puis son parcours de radicalisation. Lors de cet interrogatoire de personnalité, chacun avait ainsi pu découvrir sa vie d’avant. Avant qu’il n’accompagne deux kamikazes, le 22 mars 2016, à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem puis ne prenne la fuite et soit finalement arrêté le 8 avril à Anderlecht. Avant même qu’il ne conduise Brahim et Salah Abdeslam de Bruxelles à Paris, la veille des attentats, le 12 novembre 2015. Une existence normale qui a commencé le 27 décembre 1984 à Berchem-Sainte-Agathe, une petite commune de Bruxelles. Né de parents marocains, deuxième d’une fratrie de six enfants, le jeune Belge avait avoué n’avoir manqué de rien. « On n’est pas sortis du ventre de nos mères avec une kalash à la main : on a été des enfants« , avait-il souligné derrière la vitre de son box.

Mohammed Abrini bascule néanmoins rapidement dans la petite délinquance. Il fume du cannabis, boit, sort beaucoup dans les discothèques et fréquente les casinos. Puis vient le temps des cambriolages, des courtes peines de prison, entrecoupées de petits boulots en intérim, occupant tantôt un emploi de technicien de surface ou de serveur chez Quick. Il fréquente tous les jours le bar Les Béguines où il côtoie ses futurs acolytes terroristes, qui ne s’intéressent alors qu’au trafic de drogue. Ses amis de cette époque se nomment Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attaques du 13-Novembre, Ahmed Dahmani, emprisonné en Turquie et soupçonné d’être un logisticien de la cellule jihadiste et les frères Brahim et Salah Abdeslam, qui tiennent le café.

Le point de bascule vers la radicalisation

Puis un événement déterminant fait basculer la vie du jeune homme dans la radicalisation islamiste. Une semaine avant sa sortie de prison, peine purgée de janvier à septembre 2014, il découvre que son petit frère Souleymane a été tué en Syrie après avoir rejoint les rangs du groupe État islamique. Dès lors, il se met à fréquenter les mosquées, lire le Coran dont il ignore tout ou presque et caresse l’idée de partir à son tour faire le djihad en Syrie.


Lors du nouvel interrogatoire du 12 janvier, Mohamed Abrini finit par reconnaître qu’il s’est bien rendu en Syrie entre le 23 juin et le 9 juillet 2015 pour se recueillir « dans un premier temps » sur la sépulture de son frère. « À l’époque, je n’y connaissais rien à la religion », explique-t-il. La veille de l’audience, il a profité du début de son interrogatoire pour dire la très grande fierté qu’il éprouve vis-à-vis de ce frère cadet mort au combat en août 2014. « Il est allé là-bas pour combattre un régime corrompu, celui de Bachar al-Assad ». Aux remarques du président qui lui assène que son frère faisait partie d’une brigade connue pour sa cruauté, y compris envers les civils, il ne voit toujours rien de répréhensible. « C’est la guerre, c’est comme ça. […] C’est un devoir pour tous les musulmans d’aller faire le djihad ».

« Vous avez coupé la tête de votre roi… »

Et lorsque le président Périès lui rappelle la chronologie des événements, insistant notamment sur le fait que les bombardements français en Syrie « n’ont commencé qu’en septembre 2015 », Mohamed Abrini s’agace. « On a l’impression d’entendre des enfants, ‘c’est vous qui avez commencé !’” Puis il explique qu’il y avait eu « avant des frappes de drones qui ont tué des civils ». Au point « de s’en prendre à des gens en terrasse, à des concerts ? », l’interroge le président. « Les choses dégueulasses, ça ne vient pas que d’un seul camp », conclut Mohammed Abrini qui semble avoir réponse à tout. Aux décapitations commises par des membres de l’organisation État islamique, il trouve à nouveau la parade, quitte à tomber dans la provocation. « Il y a eu aussi des décapitations en France. Vous avez coupé la tête de votre roi… »

Quelques nuances tout de même dans certains de ses propos. Il avoue ne pas pouvoir se faire exploser. « Moi ça, je suis pas capable de le faire, je l’ai toujours dit. Je suis capable de prendre les armes, d’aller combattre. Mais pas ça. » Lors des attentats en Belgique, des images de vidéosurveillance l’ont effectivement montré pousser une bombe sur un chariot à l’aéroport de Zaventem, accompagnant les deux kamikazes. Sans jamais passer à l’acte.

D’ailleurs, Mohammed Abrini se défend d’avoir tué. Aux questions pressantes de Me Maktouf, avocate des parties civiles, il précise : « Moi, je n’ai tué personne. Je n’étais pas en France, a-t-il martelé dévoilant sans doute sa ligne de défense. Une défense qui pourrait être mise à mal pour celui qui a avoué avoir conduit les terroristes en région parisienne et participé au « convoi de la mort”, le 12 novembre 2015.

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