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Joséphine Baker au Panthéon : « Ma France, c’est Joséphine »

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Quarante-six ans après sa mort, Joséphine Baker est entrée mardi au Panthéon. L’artiste, la résistante et la militante antiraciste fait désormais partie des grands hommes et des grandes femmes de France. Famille, personnalités et enfants invités, tous ont vécu une cérémonie forte à l’image de la vie exceptionnelle de cette femme engagée.

C’est au son de la musique de « Me revoilà Paris » que la cérémonie d’entrée de Joséphine Baker au Panthéon débute mardi 30 novembre. Pas après pas, sur un long tapis rouge, six membres de l’Armée de l’air et de l’Espace remontent la rue Soufflot en portant un cénotaphe recouvert du drapeau tricolore.

Dans les tribunes, des centaines d’enfants ont les yeux rivés sur les écrans. Ce sont des élèves d’écoles primaires, de collèges et de lycées de France invités pour l’occasion. « C’est un événement rare. C’est un honneur, cela n’arrive pas souvent », souligne Aliénor, en 3e au collège Fleming d’Orsay.  « Elle a réalisé beaucoup de choses pour l’armée française, pour sa patrie. Son cœur battait pour la France », décrit l’adolescente avec admiration. « C’était une femme libre et avant-gardiste. Elle a beaucoup cassé les codes », ajoute sa camarade Elise.

« Elle s’est battue pour nous »

Depuis plusieurs semaines, ces collégiens préparent cette cérémonie. Ils ont étudié le parcours de cette artiste, résistante et militante antiraciste qui a mené toute sa vie un long combat pour plus de fraternité. En découvrant les détails de ce destin hors du commun, certains jeunes se sont même trouvé un modèle. « Aujourd’hui, on pense à ce qu’elle a fait pour la France. Elle s’est battue pour nous, elle était contre le racisme. C’est toujours très important », explique Hind, neuf ans, de l’école Joséphine Baker de La Courneuve.

Quelques rangs plus haut, les élèves de l’école Joséphine Baker de Guémené-Penfao en Loire-Atlantique ont même écrit avec le directeur de leur établissement une chanson en hommage à la star du jour. « Les élèves sont réceptifs. Ils ont bien accroché avec cette femme, son histoire et sa vie exceptionnelle », résume Eloise, leur enseignante.

La reconnaissance de « toutes les femmes qui ont eu un impact historique important »

Elena Robisch a elle aussi fait le déplacement depuis la même région. D’origine Américaine, mais vivant à Nantes, elle n’aurait manqué cette cérémonie pour rien au monde. « Je suis très heureuse que la France honore cette femme. Elle est déjà connue aux États-Unis pour ses actions en faveur des droits des hommes et des femmes, mais cela va la faire connaître encore plus », décrit-elle tout en agitant un drapeau aux couleurs des États-Unis.

Le capitaine Marion Buchet souligne aussi le caractère exceptionnel de cet événement. Membre de l’armée de l’Air, elle avoue être touchée à titre personnel par l’entrée au Panthéon du sous-lieutenant Joséphine Baker qui porta le même uniforme qu’elle au cours de la Seconde Guerre mondiale. « Il y a une vrai reconnaissance de ce qu’elle représente. Elle est l’illustration parfaite qu’une femme peut intégrer l’armée et faire acte de bravoure. Avec son entrée, on reconnait toutes les femmes qui ont eu un impact historique important », résume cet officier.


Tout au long de la cérémonie, les chansons de Joséphine Baker ponctuent le parcours du cortège. « J’ai deux amours », « La petite Tonkinoise » ou encore « C’est lui », sa voix résonne dans les rues de Paris, la ville qu’elle aimait tant et qui l’a rendu célèbre dans les années 20. Musicien de jazz, Sébastien Paindestre savoure cette place faite à la musique : « Joséphine représente ce qu’incarne le jazz, cette liberté ».


A l’intérieur du Panthéon, aux côtés des officiels et de la famille, des dizaines d’artistes assistent à l’entrée symbolique de l’ancienne danseuse et chanteuse aux côtés des grands hommes et des grandes femmes de France. La porte du temple républicain s’ouvre pour faire une place en son sein à cette icône de la liberté. « Joséphine Baker entre ici avec tous ces artistes qui l’accompagnent, tous ces artistes qui ont aimé le jazz, la danse, le cubisme, la musique, la liberté de ces années », décrit le président Emmanuel Macron lors de son discours.

« Elle entre ici avec tous ceux qui, comme elle, ont vu dans la France une terre à vivre, un lieu où l’on cesserait de se rêver ailleurs, une promesse d’émancipation. Elle entre ici avec tous ceux qui ont choisi la France, qui l’ont aimée et l’aiment, charnellement, qui l’ont vue trébucher et ont continué de l’aimer, qui l’ont vue à terre et se sont battus pour la relever », ajoute le président avant de conclure : « Chacun de nous ce soir murmure ce refrain, sonnant comme un hymne à l’amour : ‘Ma France, c’est Joséphine' ».

« Un exemple pour continuer à s’engager »

Alors que les invités se dirigent ensuite vers la sortie, l’acteur François Cluzet s’enthousiasme : « Cela m’a beaucoup plu d’entendre le président dire que la fantaisie a fait son entrée dans un lieu comme ici qui peut paraitre sombre. C’est magnifique ! ». L’un des fils adoptifs de Joséphine Baker, Brian Bouillon ne cache pas non plus sa satisfaction : « Cela a été une cérémonie mémorable ».

Avec facétie, tout comme l’était sa mère, ce membre de la tribu arc-en-ciel fait un pied de nez à l’actualité. Il n’hésite pas à pointer du doigt le polémiste Eric Zemmour qui a choisi le jour de cette cérémonie pour annoncer sa candidature à l’élection présidentielle : « Ma mère a toujours chanté ‘J’ai deux amours’, mais pas ‘J’ai deux Zemmour' ».

Quelques minutes plus tôt, le président Emmanuel Macron n’avait pas manqué d’égratigner les extrêmes dans son discours en insistant sur le fait que Joséphine Baker, née américaine, était certainement la « plus Française » de tous. Son fils espère que ce message va être retenu. « Il y a de l’espoir et du soleil dans cette période un peu sombre. J’espère que ma mère va rester un exemple qui peut donner à tous une forme d’énergie pour continuer à s’engager et à avoir des idéaux » insiste-t-il. « C’est ce qu’elle a essayé de faire jusqu’au bout ».

 

L’artiste Joséphine Baker fait son entrée au Panthéon. © Studio Graphique – France Médias Monde




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