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pourquoi le changement climatique aggrave la situation

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Principal pourvoyeur de puces électroniques, Taïwan fait face à un épisode de sécheresse inédit. Or, ses usines ont besoin d’importantes quantités d’eau pour assurer le processus de production.

La pandémie a eu une vertu: mettre en exergue la dépendance du monde entier à certains acteurs, que ce soit dans le domaine de la pharmacie comme pour celui de l’informatique. Et c’est notamment la pénurie de puces électroniques (semi-conducteurs) qui pénalise depuis plusieurs mois l’ensemble des industries. Ces petits composants se retrouvent désormais presque partout, y compris dans les véhicules, forçant les constructeurs à ralentir voire interrompre leur production.

Un pays tire son épingle du jeu: Taïwan. L’île produit près de la moitié des semi-conducteurs mondiaux et la demande en informatique (avec la mise en place du télétravail, par exemple), en mobilité (vélos électriques…) et en objets technologiques (smartphones…) a fait bondir la demande et donc sa production.

Problème, les usines Taïwan aises ne peuvent pas répondre à la demande gigantesque, provoquant cette fameuse pénurie, qui pourrait encore durer au moins deux ans, selon Volkswagen. Et si cela ne suffisait, Taïwan doit désormais affronter un ennemi plus fort que lui : le changement climatique.

156.000 tonnes d’eau par jour pour la principale fonderie

Le pays traverse depuis plusieurs mois un grave épisode de sécheresse, le pire depuis 50 ans. Or, l’eau est vitale pour l’industrie, notamment pour nettoyer les multiples couches de métal qui entrent dans la composition des semi-conducteurs. La plus importante fonderie de l’île (et du monde), Taïwan Semiconductor Manufacturing Company, a ainsi besoin de 156.000 tonnes d’eau par jour. Face à cette pénurie, le géant a d’ailleurs lancé la construction d’une usine de traitement d’eau pour récupérer les eaux usées. En attendant, les industriels font appel à des camions citernes pour acheminer l’eau qui se raréfie dans les canalisations.

Dans une tribune publiée mi-avril, le chercheur Huang-Hsiung Hsu, spécialiste du climat, a appelé le gouvernement à agir. « La sécheresse actuelle est une bonne leçon et une révélation pour les Taïwanais de prévoir à quel point la situation pourrait empirer dans un avenir prévisible » explique-t-il, soulignant que l’affaiblissement des précipitations s’observe depuis plusieurs décennies. En 2020, aucun typhon (apporteur de pluie) n’a touché terre, une première depuis 1964.

Plan « Nano 2022 » en France

Bonne nouvelle, la pluie devrait revenir à Taïwan ce weekend. Suffisant pour remplir les réservoirs ? Pas sûr. Mais cette épisode de sécheresse est un coup de semonce pour l’île et son industrie. C’est aussi une nouvelle alerte pour l’Europe et les Etats-Unis qui tentent de relocaliser la production de puces électroniques pour éviter cette dépendance. En France, un plan « Nano 2022 » doit permettre d’apporter 1 milliard d’euros d’investissements publics pour relancer la filière. Le géant américain Intel devrait aussi construire une usine géante en Europe pour répondre aux demandes européennes : accueillir sur le continent 20% de la capacité de fabrication de semi-conducteurs d’ici 2030.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business

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