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TOUT COMPRENDRE – Comment vont fonctionner les limiteurs de vitesse intelligents obligatoires dès 2022

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Un texte adopté récemment par l’Union européenne prévoit que tous les nouveaux modèles de voitures qui seront vendus à partir du 1er juillet 2022 seront équipés d’un « système d’adaptation intelligente de la vitesse ». Explications.

Et si votre voiture vous faisait automatiquement ralentir? C’est ce qui se profile à l’horizon avec la mise en place en Europe dès 2022 des « super-limiteurs » de vitesse, comme les ont surnommés nos confrères de Caradisiac. Comment fonctionne cet équipement qui doit équiper tous les nouveaux modèles de véhicules dès l’an prochain?

Qu’est-ce qu’un « super limiteur » de vitesse?

Petit retour en arrière pour commencer. En 2019, on apprenait la mise en place en 2022 d’un « système d’adaptation intelligent de la vitesse prévenant le conducteur des excès de vitesse ». Le texte a finalement été adopté en juin dernier et publié au journal officiel de l’Union européenne du 17 novembre. Dans ce texte, on parle désormais du « système d’Adaptation Intelligente de la Vitesse » (AIV), ou, en anglais ISA (pour Intelligent Speed Assistance).

Concrètement, le véhicule devra être en mesure de connaître la limitation de vitesse en vigueur sur l’axe qu’il emprunte et alerter le conducteur en cas de dépassement. Cela se fera soit via des caméras capables de reconnaître les panneaux de limitation de vitesse, installées sur le véhicule, soit via les données cartographiques du GPS embarqué. S’il en est dépourvu, la géolocalisation (et donc la limitation en vigueur) pourra être établie via la carte SIM et la balise GPS du système d’appel d’urgence en cas d’accident, l’e-Call, obligatoire depuis 2018 sur tous les nouveaux modèles homologués vendus dans l’Union, précise Caradisiac.

« Les systèmes combinant un système de caméras, le système mondial de navigation par satellite (GNSS) et des cartes numériques actualisées sont considérés comme les plus performants et les plus fiables en situation réelle », souligne le texte de cette loi européenne.

Comment le conducteur sera-t-il alerté qu’il dépasse la vitesse autorisée?

Dans de nombreux modèles, les conducteurs sont déjà régulièrement avertis lorqu’ils commettent un excès de vitesse. En effet, l’affichage de la vitesse est souvent couplé à celui de la limitation en vigueur sur l’axe emprunté. Quand le conducteur dépasse cette limite, un bip sonore retentit ou une alerte clignotante, ou en rouge apparaît, pour éviter d’être flashé par un radar. Mais ce dispositif dépend souvent du niveau d’équipement du véhicule, de son âge également.

Désormais, avec la nouvelle réglementation européenne, la voiture devra vous prévenir que vous dépassez la limitation. En clair, le limiteur et l’avertissement ne seront plus des « options ». Le texte de loi mentionne ainsi une alerte sous plusieurs formes.

Par exemple, un avertissement visuel (un voyant sur le tableau de bord par exemple) pourra être associé à un « avertissement acoustique cascadé » (un signal sonore de plus en plus insistant, comme lorsqu’on oublie d’attacher sa ceinture de sécurité).

Un « avertissement haptique cascadé » (une vibration dans le volant de plus en plus insistante), associé ou non à l’alerte visuelle, est également évoqué.

Le limiteur va-t-il réduire automatiquement la vitesse du véhicule?

C’est sans doute le point qui pose le plus de questions dans cette nouvelle norme européenne: le véhicule me fera-t-il ralentir automatiquement s’il détecte que je ne réagis pas aux alertes?

A priori oui, mais uniquement dans le cas précis où le conducteur a son régulateur de vitesse enclenché (un dispositif de plus en plus associé au limiteur), si l’on en croit le texte de loi, et qu’il n’est pas en train d’appuyer sur la pédale d’accélérateur.

« Le système doit essayer de ramener automatiquement la vitesse de conduite à la limite de vitesse perçue ou en dessous de celle-ci, par exemple en désengageant ou en réduisant la puissance du moteur, ou en émettant un avertissement visuel et un avertissement acoustique cascadé », peut-on lire dans ce règlement.

Cette précision est importante car une baisse injustifiée de la vitesse du véhicule, en cas d’erreur de lecture d’un panneau par exemple, pourrait donner lieu à un ralentissement inapproprié, potentiellement dangereux pour les occupants du véhicule mais aussi pour ceux des véhicules alentour.

Ce scénario est d’ailleurs anticipé par les législateurs qui notent que les « systèmes ISA peuvent être confrontés à des informations ambiguës concernant la vitesse en raison de l’absence, de la détérioration, de la manipulation ou de toute autre altération des panneaux de signalisation, du placement erroné des panneaux, de conditions météorologiques défavorables ou de limitations de vitesse non harmonisées, compliquées et implicites ».

La balle est donc dans le camp des départements R&D des constructeurs et équipementiers afin de réduire au maximum ces défaillances, en proposant des solutions techniques les plus fiables. La balle passera ensuite dans le camp des départements de vente afin de bien en expliquer le fonctionnement au conducteur. Comme pour le freinage automatique d’urgence devenu obligatoire il y a peu.

L’Europe précise bien par ailleurs dans le texte de loi que « le principe de base devrait être que le conducteur est toujours responsable du respect des règles de circulation applicables et que le système ISA est un système d’aide à la conduite permettant d’alerter le conducteur, chaque fois que cela est possible et approprié ».

A noter qu’une telle fonction ayant une action directe sur la vitesse est d’ailleurs déjà proposée dans certains véhicules (voir nos essais des Volkswagen Arteon, Ford Puma ou encore Kia XCeed), on parle alors de régulateur de vitesse adaptatif prédictif ou intelligent, capable de décélérer (mais aussi d’accélérer), en cas de changement de limitation de vitesse.

En cas de mauvaise interprétation d’un panneau, la prise d’initiative du véhicule peut surprendre, même si la vitesse de décélération reste encadrée, ce qui ne donnera pas lieu à un freinage brutal. Et une action du conducteur sur le frein ou l’accélérateur permet de rapidement reprendre le contrôle.

Le limiteur pourra-t-il être désactivé par le conducteur?

Le système pourra être désactivé à chaque démarrage du véhicule, précise Caradisiac, mais a priori réactivé automatiquement à chaque nouvelle utilisation pour inciter les automobilistes à l’utiliser.

Quel calendrier pour la mise en place du nouveau limiteur?

Le nouveau règlement européen doit s’appliquer à partir du 6 juillet 2022 sur tous les nouveaux modèles homologués. Les voitures neuves déjà en vente avant cette date ne sont pas concernées mais devront l’être en juillet 2024. Les véhicules déjà en circulation avant cette date ne devront pas s’équiper d’un équipement spécifique.

Cette initiative s’inscrit dans la politique « Vision Zero » de l’Union européenne, avec l’objectif à terme de réduire à presque zéro le nombre de morts sur les routes du continent. Première étape: diviser par deux le nombre de morts et de blessés graves d’ici à 2030. En 2020, l’Union à 27 dénombrait 18.800 décès sur ses routes, en baisse de 17% par rapport à 2019, mais avec des déplacements fortement réduits en raison de la pandémie de covid.

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